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 La gratuité va-t-elle tuer la culture ? Dans le nouvel Obs-1

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MessageSujet: La gratuité va-t-elle tuer la culture ? Dans le nouvel Obs-1   Ven 23 Mar - 19:34

Article publié dans le Nouvel Obs - hebdo - semaine du 22 mars 2007
Les débats de l'Obs




PREMIÈRE PARTIE
La gratuité va-t-elle tuer la culture ?

Le téléchargement de musique, de films, de livres via internet met-il en péril la création et la diversité culturelle ? L'essayiste passionné d'avenir et le PDG de la Fnac s'opposent par Jacques Attali et Denis Olivennes

Denis Olivennes .
- L'invention d'internet a offert la possibilité, sur une très large échelle, de consommer des biens culturels en toute gratuité. On peut télécharger sur internet des fichiers musicaux, cinématographiques, demain des livres, sans l'accord de leurs auteurs, sans que ceux-ci et producteurs ou éditeurs soient rémunérés. Certains considèrent que cette révolution technologique a déjà eu lieu, que l'accès gratuit aux oeuvres est un fait inéluctable, qu'on ne reviendra jamais en arrière. Parce que la gratuité répondrait à une demande sociale profonde du plus grand nombre. D'autres, comme moi, pensent que ce mouvement est trop dangereux pour qu'on le laisse se déployer sans garde-fous, qu'il menace à ce point la création et la diversité culturelles qu'on doit, collectivement, se demander comment maîtriser cet incontestable progrès technique.

Jacques Attali.
- La gratuité ne date pas d'aujourd'hui. Beaucoup d'oeuvres d'art dans l'Antiquité étaient produites et accessibles gratuitement. Puis la musique et les autres arts ont eu des mécènes privés, mais une très grande partie des oeuvres, sinon toutes, ont continué à être créées pour d'autres motifs que l'argent. Aujourd'hui existe encore une véritable gratuité pour la production de l'art, de la peinture à la sculpture, de la danse à la musique. Elle existe aussi pour l'accès à l'art. Pour la musique, on la connaît depuis longtemps avec la radio. Quand elle est apparue, il y a eu les mêmes batailles qu'aujourd'hui avec le Net. Les musiciens ne voulaient pas de radiodiffusion de leurs oeuvres parce qu'ils avaient peur qu'on leur vole leur public. Les journaux se méfiaient aussi d'elle. Le Net ne fait que généraliser la radio. Le P2P n'est pas un piratage. C'est un cadeau, pas une vente. En revanche, la vente de CD illégaux, comme celle de faux médicaments, participe au boom d'une économie criminelle mondialisée. Le premier combat à mener, c'est contre le commerce illicite de produits culturels, pas contre leur gratuité. L'expérience historique a montré qu'on ne résiste pas à une révolution technologique. Et je ne vois pas en quoi cette révolution serait désastreuse, pour l'art ou son économie. Aujourd'hui, cette économie est en train d'évoluer vers quelque chose de radicalement neuf : les hommes n'ont plus seulement envie de consommer l'art mais d'en faire. Et pour cela, ils ont envie d'en écouter gratuitement. Grâce à la mise à disposition gratuite des oeuvres, le spectacle vivant va être un élément déterminant de leur rémunération. Et ceux qui se diront artistes professionnels commercialiseront quelque chose de rare : leur temps. Assister aux répétitions, recevoir des cours, vivre un moment privilégié avec un artiste... ça commence à se développer ailleurs même que dans la musique. Certains écrivains gagnent déjà plus d'argent par les conférences qu'ils donnent, les cours ou la formation permanente que par les livres qu'ils vendent. Puis tout le monde se rêvera artiste, et chacun pourra trouver du plaisir à le devenir. Les profits seront faits sur les objets qui permettent cette consommation. Sans consommation gratuite de musique, il n'y aurait pas d'iPod. On ira beaucoup plus loin : des iPod permettant d'écouter des sélections musicales personnelles, on passera à des objets capables de composer des mélanges créatifs, puis de composer soi-même de la musique. La vente des moyens d'être un artiste constituera la part majeure du commerce de l'art. L'artiste reconnu aura alors pour fonction d'aider les autres à devenir artiste.

D. Olivennes.
- Je ne suis pas très convaincu par l'idée que les musiciens vont vivre désormais de leurs concerts. Et que fera-t-on pour ceux qui ne font pas de concert comme Glenn Gould, ou pour les auteurs-compositeurs qui ne sont pas interprètes, ou pour le cinéma ? Jusqu'au xixe siècle, la création a été financée par des mécènes. Puis il y a eu la double révolution de la fin du xixe siècle. Une révolution démocratique, avec l'invention de techniques de diffusion de masse : le cinéma, la radio, la télévision, l'enregistrement de disques, le livre de poche... Une révolution économique avec l'irruption de l'économie de marché dans le monde des biens culturels et de la culture. On est alors passé de l'accès des seules élites à la culture à un régime de consommation de masse ; et, d'autre part, d'un régime où les artistes étaient financés par le prince à un régime dans lequel c'était leurs oeuvres qui les rémunéraient. L'irruption de l'économie de marché des biens culturels s'est traduite par une gigantesque floraison de talents. La question est de savoir si on va entrer maintenant dans un troisième régime dans lequel les biens culturels seraient gratuits et où il faudrait trouver d'autres mécanismes de financement des artistes. Le problème est que, si on ne rémunère pas les artistes, la probabilité qu'ils soient nombreux à vivre de leur art est faible. Il y aura toujours des « voleurs de feu » qui créeront, même en mangeant de la vache enragée. Mais la probabilité qu'on ait autant de talents qu'aujourd'hui, si les gens n'en vivent pas, est réduite. Rémunérer les artistes est donc nécessaire. J'ajoute que le piratage sur internet, ce n'est pas du tout la fin de l'économie de marché. Certains profitent du mouvement actuel. Les fournisseurs d'accès internet, les industriels du PC ou du baladeur gagnent des fortunes grâce à l'accès gratuit aux oeuvres. Ce qui caractérise la situation actuelle, c'est ce transfert interne de ressources au sein de l'économie de marché. Les prédateurs qui sont les industriels de l'accès à internet ou de l'électronique grand public se développent en pillant les oeuvres artistiques. Car internet gratuit n'est pas gratuit. Pour avoir accès aux oeuvres, il faut payer des abonnements, des terminaux, etc. L'économie de marché d'internet est très dynamique pour la technologie et très destructrice pour la création. On le voit concrètement. Par exemple, on a divisé par dix le nombre de contrats des artistes dans les maisons de production de disques, simplement parce que, comme leurs ressources s'amenuisent, elles ne prennent plus le risque de produire de jeunes talents. Je suis un partisan résolu d'internet. Je pense que, organisé et régulé, il est capable de nous faire franchir une nouvelle étape de la révolution démocratique dans l'accès aux oeuvres. Il se passe dans la culture quelque chose de similaire à la prise de conscience de l'environnement. On pensait que le progrès technique était merveilleux, puis on a compris qu'il pouvait détruire notre écosystème et la biodiversité et qu'il fallait tempérer et organiser le progrès. C'est la même chose pour internet qui est un horizon de liberté, de communication, de curiosité, d'implication des citoyens dans la culture extraordinaire. En même temps, c'est une menace de catastrophe culturelle.

J. Attali.
- Il y aura une grande diversité des modèles. On vendra des CD ou des fichiers avec de plus en plus de titres différents, en plus petites quantités, avec des marges de moins en moins grandes. Pour surveiller tout cela, pour savoir qui achète, qui utilise, pour répartir les licences globales en fonction des gens qui achètent, pour faire payer à la commande, on ira vers une intrusion dans la vie privée, ce que je nomme dans mon dernier livre une « hypersurveillance ». Le marché de l'art deviendra ainsi, sans le vouloir, l'accoucheur d'une dictature marchande. Ainsi l'art pourrait être à la fois - et c'est un paradoxe - accoucheur d'une société d'hypersurveillance et en même temps le principal lieu de la rébellion contre elle.

D. Olivennes.
- C'est une raison supplémentaire pour laquelle on doit collectivement organiser et réguler a minima internet, pour bénéficier de ses avantages considérables sans engendrer des risques, à la fois pour la création et pour les libertés. Il y a une part d'internet qui doit se développer librement et anarchiquement. Les blogs, l'encyclopédie Wikipédia, la faculté offerte à chacun de diffuser ses vidéos, ses oeuvres sur internet... L'autocréation, toute cette invention où chacun devient coauteur de la création, c'est magnifique. Et puis il y a l'univers du paiement des oeuvres traditionnelles, de la musique, des films, des livres. Internet peut devenir de ce point de vue, si on arrive à maintenir un système légal de paiement, une nouvelle étape de la révolution démocratique, dès lors que les producteurs acceptent de baisser drastiquement leurs prix. Il faut que le prix des oeuvres baisse et sans doute raccourcir la durée des droits d'auteur, pour qu'il y ait tout de même une part de gratuité. Il faut que son oeuvre permette à un artiste de vivre, puis qu'elle soit gratuite après sa mort. Donc : baisse des prix, raccourcissement des droits. Si on veut éviter la surveillance généralisée, la police des consommations et des comportements sur le Net, on doit maintenir un paiement à l'acte, parce que c'est le plus protecteur. L'idée d'espionner, dans les milliards d'échanges, qui a consommé quoi, pour ensuite taxer et répartir les droits entre les auteurs, c'est Big Brother. Donc le paiement à l'acte, l'abonnement et le forfait, mais à des prix beaucoup plus bas, sont une garantie.

J. Attali.
- Sur 20 milliards de fichiers musicaux qui circulent tous les ans, 5% seulement sont vendus. On ne peut pas considérer ces consommateurs comme des pirates. Ils ne le sont pas, parce qu'ils ne revendent pas leurs fichiers gratuits.

D. Olivennes.
- En France, en 2005, on a téléchargé de manière sauvage 1 milliard de fichiers musicaux, soit l'équivalent de 60 millions d'albums. Dans le même temps, les consommateurs ont acheté 100 millions d'albums en magasin. On n'en aurait pas vendu 160 sans le piratage. Disons 105 ou 110. Quand un gamin dit : « Tu as vu, papa, j'ai 3 000 titres dans mon iPod », il ne dit pas « J'ai du Antony and the Johnsons ou du Franz Ferdinand », non, ce qui l'intéresse, c'est la quantité. La jouissance, pour lui, c'est l'accès à l'infini et à l'abondance. Donc l'objectif n'est pas d'abolir le piratage, mais d'arriver à limiter le téléchargement sauvage pour maintenir un développement de la création financée. Et à un prix nettement plus bas pour le consommateur ! Je rêve peut-être d'un équilibre introuvable. On aura une zone blanche de la création financée, et qui se développera parce qu'internet multiplie les occasions d'accéder à la culture ; une zone noire du téléchargement sauvage d'ados dont, finalement, on ignore s'ils écoutent tous les titres ou s'ils jouissent du seul fait de les avoir ; une zone grise de l'univers libre d'internet, dans lequel, par exemple, les artistes mettent leurs oeuvres libres de droit et gratuitement.

J. Attali .
- Dans mon livre sur la musique, « Bruits », écrit il y a trente ans, j'avais justement prédit que les gens constitueraient des bibliothèques et discothèques infinies pour une raison très précise : le rapport à la mort. Quand on regarde sa bibliothèque, on se dit : « Je ne mourrai pas avant de l'avoir lue. » Qu'est-ce qu'une bibliothèque ou une discothèque ? Du temps que l'on stocke. Une bibliothèque, c'est le temps qu'on contemple, une façon de conjurer la mort. Les jeunes ne disent pas autre chose quand ils affirment : « J'ai 1 000 heures dans mon iPod. » Autre façon de dire : « J'ai 1 000 heures de vie, au moins. » Bien au-delà de cela, le virtuel va provoquer la naissance d'une économie de l'art radicalement nouvelle. Bientôt, les gens disposeront de logiciels de composition musicale permettant de créer facilement, ensemble, en mêlant la mélodie de l'un, le rythme de l'autre, l'orchestration d'un troisième, venus de partout dans le monde. Quand des millions de gens composeront ainsi, ils n'imagineront rien d'autre que le plaisir de créer ensemble, d'échanger, d'écouter, de s'inspirer. L'argent se gagnera sur des logiciels et des instruments de musique et presque plus du tout sur le CD, qui disparaîtra. Le livre résistera un peu plus longtemps : jamais l'industrie de la musique n'a réussi à inventer un objet aussi magique que le livre.

D. Olivennes.
- L'immatériel l'emportera. Il faut moderniser le système économique de la création et accompagner les innovations. Mais il y a un point qui doit perdurer quoi qu'il arrive, c'est l'invention française génialissime de la fin du xviiie : le droit d'auteur. Il a été inventé précisément pour l'immatériel. Le droit d'auteur peut survivre à la victoire totale de l'immatériel. Dans trente ans, il n'y aura probablement plus de CD, peut-être plus de livres physiques, probablement pas de DVD, tout cela s'échangera par internet. Mais le droit d'auteur peut parfaitement subsister dans cet univers. Il faut discipliner, limiter le téléchargement sauvage. On ne l'abolira pas. On s'est trompé en axant la répression sur les internautes, même s'il faut symboliquement leur rappeler ce qu'est la loi. On aurait été beaucoup plus efficace si on avait engagé la responsabilité financière des fournisseurs d'accès. Il faut aussi que le téléchargement légal et payant soit plus intéressant pour le consommateur et au moins aussi pratique que le téléchargement sauvage. Il faut qu'on offre l'infini que les consommateurs attendent. Alors on sera capable de moderniser dans l'univers de l'immatériel, le droit d'auteur et la rémunération des artistes. Ils toucheront moins par oeuvre, mais en vendront davantage. Le nouvel univers de la gratuité nous a envahis. Pourquoi est-ce que notre génération n'était pas rebutée à l'idée de payer des disques de Hendrix ou de Dylan alors que nos enfants le sont ? Parce que dans leur budget il y a les iPod, les téléphones portables, les jeux vidéo... Au fond, la gratuité est le contre-effet d'un développement incroyable de l'économie marchande des objets. La gratuité de l'immatériel culturel, c'est le prix à payer pour la non-gratuité des objets matériels de la technologie. Et ce n'est pas acceptable.
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MessageSujet: SUITE DU DÉBAT   Ven 23 Mar - 19:36

SUITE DU DÉBAT

J. Attali.
- Depuis la fin du xixe siècle, l'industrialisation a connu trois phases. On a produit d'abord des objets pour les hommes (les automobiles), des objets pour les femmes (les biens ménagers) et maintenant pour les enfants. Pour y parvenir, on a solvabilisé les consommateurs : d'où l'institutionnalisation du salaire, puis des allocations familiales, et demain de l'argent de poche. Le basculement progressif de l'enfant dans un âge adulte sera de plus en plus précoce. D'autre part, les gens voudront acheter des outils pour faire, et non plus des produits de consommation. Contrairement à ce qu'on a raconté, nous ne sommes donc pas en train d'entrer dans une société postindustrielle, mais hyperindustrielle. Apple l'a très bien compris, qui fait sa fortune sur des objets et pas sur des services.

D. Olivennes .
- J'ai encore l'idéalisme de penser que, même s'il a fallu du temps, on a compris que le monde des objets matériels, de l'économie hyperindustrielle pouvait détruire notre écosystème et notre biodiversité ; et que cet enjeu collectif était plus important que le plaisir individuel que nous avions à consommer. Cette société individualiste est en train de réagir - même avec retard. La diversité culturelle est aussi importante que l'air qu'on respire et mérite d'être protégée. Le téléchargement pirate ou sauvage, le refus de paiement des oeuvres culturelles, c'est aussi désastreux que les 4x4 ou l'absence de tri des déchets dont on se moquait il y a quelques années. Cette bataille-là est devant nous. Elle n'est pas contre le progrès, elle n'est pas antimoderne. Acceptons évidemment le développement de l'immatériel et d'internet, mais faisons en sorte qu'il ne ravage pas la culture et qu'il maintienne des mécanismes de rémunération qui garantissent la création individuelle.

J. Attali.
- Il va y avoir l'émergence d'oeuvres d'art, comme à chaque période, adaptées au nouveau modèle, qui passeront pour l'essentiel par le mélange des arts les plus éloignés en apparence. On le voit déjà avec l'art de la danse, qui est en train de se confondre avec la sculpture, les spectateurs façonnant des formes et les animant comme des marionnettes, mêlées à des danseurs vivants. Ce qui est aussi en train d'apparaître aujourd'hui, c'est par exemple la nécessité d'oeuvres courtes. Un exemple particulièrement rentable et artistiquement douteux : les musiques de sonnerie de téléphone. Le premier producteur de musique en Corée est le France Télécom coréen ! Ces objets nomades à la fois téléphone, vidéo, ordinateur, etc., mais aussi lecteurs de textes vont devenir universels. On verra par exemple l'émergence d'une littérature du feuilleton court, du clip, de nouvelles formes d'écriture, d'images, de cinéma. On écrira des feuilletons de quinze lignes avec des épisodes, qui correspondent tout à fait à l'air du temps. Le SMS en est un premier signe : on va vers ce qu'on pourra appeler un « e-haïku ».

Ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali est essayiste, biographe, romancier. Il a publié de nombreux ouvrages ayant connu le succès. Son dernier livre, « Une brève histoire de l'avenir » (Fayard), imagine l'incroyable histoire des 50 prochaines années à partir de nos connaissances actuelles.

Normalien et énarque, Denis Olivennes est aujourd'hui PDG de la Fnac. Il est coauteur avec Nicolas Baverez de « l'Impuissance publique » (Calmann-Lévy). Il vient de publier chez Grasset un essai tonique : « La gratuité, c'est le vol. Quand le piratage tue la culture ».


Gilles Anquetil, François Armanet
Le Nouvel Observateur
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