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 Culture gratuite, gratuité de la culture ...

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MessageSujet: Culture gratuite, gratuité de la culture ...   Ven 22 Déc - 21:13

La " consommation " de la musique et des films semble être en pleine mutation comme en témoigne l'analyse qui suit dans l’article :
“ Culture gratuite, gratuité de la culture ...”

En d'autre termes si ce ne sont pas les consommateurs qui financent une bonne part de la production " des œuvres ", qui va payer ? L'industrie, les lobbies, les pouvoirs publiques ?
Et avec quelles intentions et contrôles ?

Déjà en Afrique, certains orchestres, qui ne peuvent vivre de leur “Art”, sont obligés, lors des concerts " sponsorisés ", de glisser quelques messages publicitaires au cœur de leurs chansons !!!!

La liberté à un coût... L’indépendance aussi...
Celle d’un contrôle de gestion (d’autogestion) qui demande aussi un engagement et une responsabilisation du public consommateur qui fait vivre les artistes. Pas d’artiste sans public et vice-versa !

Alors si demain les concerts, les CD et DVD sont “apparemment gratuits”... Que restera t- il aux artistes et producteurs indépendants pour financer et vivre de leur travail qui fait rêver tant de gens ?

C’est vrai si tout est gratuit... Finalement nous n’aurons plus besoin de travailler ... Mais ce n’est pas de travail dont nous avons besoin... Mais de revenus et de liberté pour réaliser nos projets... Concrétiser en actes ce qui fait vivre les idées et les cultures...

La Révolution ce n’est pas l’évolution des technologies.
C’est, tous les jours, se lever le matin en ayant l’envie de transmettre des valeurs et des techniques, de créer des nouvelles formes et de donner à nos enfants un monde encore meilleur.

Bonnes fêtes... ça rime avec 2007 !

Philippe Nasse
le 22/12/2006



Analyse
Culture gratuite, gratuité de la culture,
par Bruno Lesprit et Emmanuel de Roux
LE MONDE du 07.12.06


La culture n'est ni un bien ni une marchandise comme les autres.
Ce point de vue est désormais dominant en France, où " l'exception culturelle " est brandie, à droite comme à gauche, pour contrer la menace du rouleau compresseur américain. Cette "exception" est en train de s'installer dans la pratique, mais pas là où on le pensait. En effet, depuis les bouleversements techniques suscités par Internet, nombre d'objets culturels (sons, images) sont en train d'échapper à la sphère marchande pour devenir gratuits. C'est le cas aussi de manifestations culturelles offertes au public.

On peut ainsi, sans bourse délier, assister à du théâtre de rue - art gratuit par essence et dépassé par son succès - ou à des grands événements municipaux (Nuit blanche à Paris, Lille 2004 puis Lille 3000). Certains festivals de musique sont entièrement gratuits, comme ceux de Jazz à Toulon, à Paris ou à Besançon, ou partiellement payants, comme la Folle Journée de Nantes et Musiques métisses d'Angoulême. Les expositions à "entrée libre" de l'Hôtel de Ville de Paris, comme celle en ce moment du photographe Robert Doisneau, battent des records d'affluence et bousculent la règle qui veut que l'art est rare et cher. Et l'UMP a inscrit la gratuité des musées dans son programme présidentiel.

Cette gratuité de la culture, livrée dans la rue ou à domicile - et à portée de souris d'ordinateur -, favorise, dans les mentalités, une culture de la gratuité déjà profondément ancrée dans les jeunes générations, qui l'assimilent souvent à l'authenticité, car elle échapperait au commerce.
A priori, on ne peut que se féliciter de l'accès du plus grand nombre aux arts. Historiquement, la culture pour tous, chère au Front populaire, s'oppose à celle, payante, longtemps cantonnée à une élite. A leur création, les musées français n'étaient-ils pas gratuits, dans le but d'"éduquer le peuple" ? L'entrée au Louvre n'est devenue payante que dans les années 1920.

Si la grande majorité des expositions temporaires sont payantes, les collections permanentes de nombreux musées municipaux, ceux de la Ville de Paris, par exemple, sont libres d'accès. Dans les musées nationaux, le principe de la gratuité s'applique à certaines tranches d'âge (les moins de 18 ans, par exemple) ou à des périodes particulières (au Louvre, un dimanche par mois). Et le prêt, dans les bibliothèques, est gratuit : en le mettant en cause parce qu'il serait responsable de la baisse des ventes de livres, Jérôme Lindon, PDG des Éditions de Minuit, avait provoqué une levée de boucliers chez les bibliothécaires en 1994.

Cette gratuité de la culture obéissait à des règles qui ont volé en éclats avec Internet. Avec des conséquences immédiates. En se généralisant, le piratage menace des pans entiers de l'industrie culturelle - on estime que 12 millions de Français téléchargent illégalement des œuvres sur le Web. En quatre ans, les ventes de CD se sont effondrées de 42 % en valeur. Le débat parlementaire sur la transposition de la directive européenne sur les droits d'auteur a fait surgir l'idée, défendue par des députés de droite comme de gauche, d'une "licence globale" permettant l'accès illimité aux fichiers musicaux contre une somme modique (de 5 € à 15 € par mois). Après une empoignade confuse, le projet a été enterré. Mais l'industrie cinématographique est à son tour touchée par la crise - pour preuve la chute du marché du DVD, pénalisé par 120 millions de films téléchargés illégalement en 2005.

Sans évoquer l'épineuse question de la rémunération des créateurs, la gratuité a pu être considérée comme perverse. Beaucoup pensent que la culture nécessite un effort ou une motivation, même si le prix à payer est symbolique. C'est l'objet du débat qui a opposé le fondateur du Lieu unique, à Nantes, Jean Blaise, organisateur de la première Nuit blanche parisienne, en 2002, et favorable à un "passe" payant, qui manifesterait ainsi un "choix volontaire", à l'élu chargé de la culture à la Mairie de Paris, Christophe Girard, qui veut "une fête gratuite pour tous".

La gratuité risque en effet de transformer le public en consommateurs passifs - qui ne paie pas n'a pas de comptes à exiger - ou bercés d'illusions quant au caractère désintéressé de l'offre. Car la culture a forcément un coût, supporté par la puissance publique ou le secteur privé. Dans le premier cas, c'est l'État ou les collectivités locales qui la subventionnent. Sans conséquences ? Dans L'Etat culturel (1991), Marc Fumaroli a fustigé une culture étatique et stéréotypée, défendue par un groupe de fonctionnaires au profit de créateurs choyés par le pouvoir. Les plus pessimistes y voient l'imposition d'un goût officiel, même si nous sommes évidemment à mille lieues du rôle dévolu à la culture dans les régimes totalitaires : être au service de la propagande.

SPONSORAT OU PUBLICITÉ
Le coût de la culture peut également être pris en charge par le secteur privé, via le sponsorat ou la publicité. Certains se souviennent qu'une radio privée - Europe 1 - a programmé des émissions mythiques comme Pour ceux qui aiment le jazz ou Salut les copains ! qui ont apporté dans les foyers les chorus de Charlie Parker et les chansons des Beatles.
Aujourd'hui, une connexion quasi subliminale s'installe entre culture gratuite et publicité. A cause de pressions commerciales, moins de 3 % des titres de musique totalisent plus de 76 % des diffusions radiophoniques. Les grandes compagnies discographiques, Universal et EMI, ont certes récemment annoncé qu'elle mettraient "gratuitement" à disposition leurs catalogues de chansons en distribution numérique, mais ce sera en streaming (lecture seule) et en contrepartie d'un message publicitaire de 90 secondes. Enfin, nombre d'internautes ignorent que le site My space.com, perçu comme une plate-forme d'échange quasi libertaire, est désormais la propriété du magnat de la presse Rupert Murdoch.

Même les manifestations gratuites organisées par l'État n'échappent pas toujours à la récupération mercantile. La Fête de la musique, permettant officiellement aux amateurs de s'exprimer, permet aussi à une grande marque d'apéritif de faire connaître son nom à travers des concerts parisiens en plein air.

La marche vers la gratuité semble irréversible. Il faut alors en mesurer les risques. Elle permet sans doute la découverte pour les plus démunis. Mais, couplée à la publicité, elle risque surtout de favoriser une culture uniformisée. Et, lancée par l'État ou une collectivité locale, elle peut n'être qu'une simple opération de communication. Entre cette menace et l'impossible retour à l'ordre ancien, il faut inventer un nouveau système - pour que les artistes soient rémunérés par ceux-là mêmes qui les consomment. Car ce qui est précieux a forcément un prix.

Bruno Lesprit et Emmanuel de Roux
Article paru dans l'édition du 08.12.06. santa
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MessageSujet: Gagnez de l'argent en sponsorisant un artiste   Ven 22 Déc - 21:16

www.Sellaband.com

Gagnez de l'argent en sponsorisant un artiste

Sellaband.com fait le lien entre les talents inconnus et les fans souhaitant les produire. Les bénéfices sont partagés entre le site, les fans et le groupe.
Une fois la barre des 50.000 dollars atteinte, le groupe entre en studio pour enregistrer son album.
Par Axel CONSTANTINOFF - le 21/12/2006 - LCI - 17h31


Comment financer son album quand on est un groupe sans maison de disques ou sans manager ?

Deux néerlandais, Johan Vosmeijer, ancien directeur des ventes chez Sony et son associé Jim Betist, croient avoir trouvé la solution en lançant Sellaband.com (Vendre un groupe), un site internet qui pourrait faire frémir les plus grandes majors. Le concept est simple : les internautes explorent les pages des nombreux groupes, écoutent leur musique, et si ce qu'ils entendent leur plait, ils peuvent alors contribuer à produire le groupe en achetant une ou plusieurs parts de 10 dollars, sans limites d'investissement.

Une fois la barre des 50.000 dollars atteinte (une dépense qui corresprond plus ou moins à ce qu'un label indépendant consacrerait à un artiste débutant, assure-t-on chez Because Music), le groupe entre en studio avec un producteur pour enregistrer un album. Le CD produit est ensuite mis en vente durant les concerts du groupe ainsi que sur les sites partenaires. Les bénéfices nets de ces ventes seront partagés à 50%-50% entre le groupe et ses investisseurs. Mais les chansons sont aussi téléchargeables gratuitement sur Sellaband.com, tout en respectant les droits d'auteurs : plus une chanson est téléchargée, plus ses auteurs sont rétribués.

"C'est risqué, mais très excitant"


Les investisseurs jouent donc un rôle crucial dans le processus d'éclosion d'un groupe, de la création de son répertoire jusqu'à la mise en place de sa stratégie marketing. Ils sont d'ailleurs invités à faire fonctionner le bouche à oreille : "On leur demande d'en parler à leurs amis, à leurs collègues, sur les forums... Car tout le monde y gagne. Le groupe en célébrité, le site en audience et tout le monde en argent", résume Johan Vosmeijer. "C'est risqué, mais très excitant", estime un investisseur britannique. "Tu aides un groupe à enregistrer un album que tu aurais acheté si tu l'avais trouvé chez le disquaire, tu aides un artiste à réaliser son rêve et en plus, tu peux gagner de l'argent avec".

Cinq mois après sa création, le site attire les convoitises : "Au début, on attirait surtout des fans de musique, mais là, on commence à voir arriver des gens qui veulent faire du business", assure Jim Betist, le directeur de la création. Un groupe a déjà atteint les 50.000 dollars requis pour enregistrer un disque et plusieurs groupes tirent leur épingle du jeu : en quatre mois, Cubworld a réuni 29.490 dollars, The Fakes 20.500 dollars et Second Person 15.577 dollars. Sellaband.com prévoit d'enregistrer le premier groupe sous son propre label début 2007.
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