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 Louis César Ewandé, le tambour millimétré

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MessageSujet: Louis César Ewandé, le tambour millimétré   Ven 15 Juin - 17:45

Il est plus que probable que la collection " Le salon de Musique " réédite le fameux CD " PERCUSSIONS ENSEMBLE de Louis César Ewandé " d'ici quelques mois... avec une surprise de taille à la clef !!!!

En attendant voici l'ITW réalisé par Jimmy Braun pour www.percussions.org

Bonne lecture

L'équipe du Salon de Musique


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Louis César Ewandé | Interview


Louis César Ewandé, le tambour millimétré


« J'enseigne comme je joue, sans compromis. » L-C Ewandé

Pour ceux qui connaissent Louis César Ewandé aujourd’hui, en dehors de son organisation de stages et de cours réguliers, c’est sans doute grâce à l’album « Percussion Ensemble », que ce musicien d’exception chatouille l’oreille des passionnés. Faisant partie des artistes français effervescents des années quatre-vingt, Louis César Ewandé a été maçonné par un apprentissage africain et occidental. Fin technicien de la percussion et improvisateur prodigieux, Louis César a roulé sa bosse et plus d’un rythme dans des styles variés de la « world music », du jazz, de la variété ou du traditionnel au côté d’artistes comme : Farafina, Ray Lema, Louis, Winsberg, Archie Shepp, Dee Dee Bridgewater, Kazumi Watanabé, Jean-Louis Aubert, Maré Sanogo, Ali Wagué ou Miguel Gomez. Petit retour en arrière sur la carrière bien remplie de l’un des artistes pionniers du tambour africain et de la percussion au sens large.


Les jeunes et les plus anciens vous connaissent surtout pour avoir remué les bacs des disquaires, grâce à deux albums, à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, un peu avant cette période d'effervescence de la percussion et plus particulièrement de celle du djembé. Quel constat pouvez-vous faire au niveau des percussions depuis cette époque ?


L'évolution me paraît dans l'ensemble très positive. Il semble que, passé l'effet de mode, la pratique de la percussion d'origine mandingue se soit fait une place réelle hors d'Afrique. D'une part, les maîtres africains commencent à recevoir une reconnaissance légitime et d'autre part, il y a une ouverture à l'intégration de cette musique dans le cadre institutionnel (existence du diplôme d'état, enseignement des percussions traditionnelles en école de musique et conservatoire...). Il me semble aussi que le public français est plus éclectique qu'il y a une quinzaine d'années, ce qui tend à tirer le niveau vers le haut et à favoriser une attitude créative chez les artistes qui souhaitent se singulariser. Enfin, bien que désapprouvant certains enseignements, je pense qu’au global, les efforts pédagogiques des africains et des occidentaux qui enseignent le djembé ont considérablement éclairci le paysage pour quelqu'un qui démarre de nos jours. Au passage, il est bon de se souvenir que Guem, quelquefois injustement critiqué, est LE pionnier de l'intégration des percussions d'origine africaine, en France. Son travail a ouvert une brèche qui n'existait pas et dont bénéficient maintenant tous ceux qui proposent ou qui suivent des enseignements plus "spécialisés".

Sur le plan artistique, il me semble que l'esthétique héritée des ballets nationaux (djembés surtendus, rythmes accélérés, danseurs-sprinteurs) est en train de perdre peu à peu de son hégémonie. À l’époque où je jouais dans le Ballet Nimba (de M’Bemba Camara), j'ai abondé dans ce style et j'en garde un bon souvenir. Je suis curieux de ce qui va émerger prochainement et je compte y participer activement.


Quelles sont vos percussions de prédilections ?

Mes instruments de prédilection sont le djembé et les dununs. J'aime beaucoup jouer les dununs. Depuis deux ou trois ans je développe une technique de jeu à la cloche qui comporte une utilisation du "fer" différente de ce que j'ai appris. J'ai aussi élargi la palette des systèmes de coordination par rapport à ce que j'ai vu faire autour de moi. Autrement, j'aime la batterie (Kennwood Dennard, Herlin Riley, Tony Williams). Et comme pas mal de gens en ce moment, je découvre le cajon.

Est-ce que vous continuez à travailler ou rencontrer les artistes
de votre Percussion Ensemble ?


Oui, parfois : Emmanuel (Baudry) faisait partie du jury quand j'ai passé le DE (diplôme d'état) en 2004, j'ai de temps en temps au téléphone Miguel (Gomez), Maré (Sanogo) et Epizo (Bangoura). Il m'arrive de contacter Ali pour des projets ponctuels, et je vois Florent (Haladjian) quand je viens à Paris. Nous discutons en ce moment avec Florent sur la façon de remonter "Percussion Ensemble".


La plus grosse partie de votre carrière est basée sur l'enseignement mais vous avez goûté à de nombreuses expériences musicales et artistiques. Vous considérez-vous plus comme un pédagogue ou un artiste qui passe son savoir ?

J'aime jouer mais pas à tout prix par nécessité de gagner ma vie.

Comme j'aime enseigner et que pour l'instant aucun projet de longue durée n'est venu remplacer l'expérience "Percussion Ensemble", j'ai le temps de m'y consacrer. Je pense que je suis un artiste qui passe son savoir, qui cherche à communiquer une vision : j'enseigne comme je joue, sans compromis. Sur scène ou en cours, pour moi l'impulsion de départ est la même.


Pendant votre enfance, vous avez étudié le violon au conservatoire.
Est-ce que cet enseignement vous a laissé des "traces" ?


J'ai appris à apprendre... avec un minimum de rigueur et d'organisation.


Vous avez fait partie des élèves d'une classe de percussion dirigée par M. Yves Erwan Chotard pendant votre adolescence. Pouvez-vous nous en parler un peu et est-ce que cette expérience a changé votre vision de la percussion ?


Yves Erwan Chotard était un excellent prof qui s'en tirait très bien pour développer le sens musical, la culture rythmique à un public d'ados pas très travailleurs, fans des percussions de Carlos Santana, qui venaient là en rêvant ...

J'ai bien aimé ses cours mais ce que je cherchais en percussion à l'époque, je l'ai trouvé un ou deux ans plus tard en assistant aux répétitions du Ballet Kodia.


Lors de répétitions du Ballet Kodia à Paris, vous avez eu la chance d'assister à des séances. Vous avez d'ailleurs déclaré : "j'ai été toléré et invité aux répétitions à 14 ans". Quelques mots sur la découverte de ce ballet congolais ?

C'était effarant : j'ai beaucoup aimé leur musique. Pourtant, au début, je ne comprenais pas grand-chose... Le soliste Tony batchi m'a pris sous son aile et Jean Lulendo le directeur a toujours été très gentil et prolixe avec moi.


Est-ce qu'il y a un pont entre votre pratique du piano et de la percussion ? Pensez-vous indispensable pour un percussionniste de pratiquer un instrument dit "mélodique" ?


Bien entendu.

Indispensable, non. Le fait de jouer du piano ne fait pas de moi un meilleur percussionniste, cela fait juste partie de ma personnalité, de ce que j'aime faire. Je ne crois d'ailleurs pas au soi-disant sens "mélodique" qu'on impute à certains percussionnistes (moi y compris). Un percussionniste est là pour attiser le rythme, pas pour faire des mélodies à trois notes... Il y a simplement ceux qui s'écoutent et qui écoutent ce qui se passe autour d'eux et d'autres qui sont trop occupés à taper.


Dans la revue Batteur Magazine hors série, intitulée « Génération Djembé » (1998 Juillet-Août - hors série N°4; p 21 §7), vous parliez d'une méthode en cours de réalisation. Avez-vous fait paraître cette méthode ou allez-vous le faire prochainement ?

Oui, ce projet est toujours d'actualité et le contenu est prêt, mais j'hésite encore sur la forme : livre ? DVD ? Software ? Hardware ?


Vu que la tradition de la transmission orale ne peut pas être totalement traduite par l'écrit, pensez-vous faire dans un avenir proche un support multimédia ?

La musique classique ou le Jazz ne sont pas et ne peuvent pas non plus être totalement "traduites" par l'écrit. De plus en plus de "méthodes" de Jazz notamment utilisent des aspects du multimédia qui en font de meilleurs outils pédagogiques.


Dans l'album "Cano", vous explorez la technologie informatique. Utilisez-vous encore ces outils ? L'expérience a été riche ?

À l'occasion, oui. Utiliser un ordinateur m'a permis de mesurer à quel point nous (les musiciens) sommes d'une sophistication qui se situe très au-delà des capacités actuelles d'un ordinateur ... Mais cela demeure un outil intéressant.


Que conseilleriez-vous à un débutant, concernant l'apprentissage des percussions ? Quelles sont, pour vous, les clés principales dans
l'approche du tambour ?


L'apprentissage d'un instrument, d'une musique, demande un effort constant dans la durée. La pratique d’un instrument rythmique nécessite une rigueur particulière car le rythme n'autorise aucune glissade, ralentissement ou accélération incontrôlés : nous ne sommes pas des chanteurs. Cependant, il ne faut pas oublier que faire de la musique, ça s'appelle aussi en JOUER. Concernant spécifiquement le djembé, il y a mieux à faire que de reprendre à son compte les rivalités inter-ethniques des africains sur les thèmes récurrents comme ; « qui joue mieux que qui » et « qui connaît la vraie version de 2+2=4 ». Lorsqu'un élève s'attarde sur un rythme et qu'il me demande à quelle ethnie il appartient, je replace aussitôt l'ordre des impératifs en lui répondant que c'est "le rythme de l'ethnie de ceux qui aiment que les rythmes soient bien joués". La petite histoire ethnique peut attendre, du moment qu'elle ne rend pas meilleur rythmicien. Le lien avec les sources doit, je pense, être maintenu, sans pour autant prendre un ascendant qui devance l'importance du développement personnel. Je vous renvoie à mon site Web pour en savoir plus sur ma pédagogie. Donnez votre avis dans le Blog !


Enfin, est-ce que vous avez un projet d'enregistrement, de stage et/ou de concert prochainement ?

J'ai plusieurs échéances de concert fin 2007 et début 2008 avec ma nouvelle formation. Il est plus que probable que le CD de « Percussion Ensemble » profite d’une réédition avec une surprise de taille à la clé ... . J'encadre deux stages chez moi au mois de juillet : du 2 au 7 et du 9 au 12. J'ai un projet d'enregistrement à moyen terme avec ma nouvelle formation.

Visitez mon site Web pour vous tenir informés : http://www.louiscesarewande.com

© Jimmy Braun / Louis César Ewandé – juin 2007
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